Dent du Requin - Eperon Renaudie - 26 août 2007

Publié le 30 Août 2007

Ce dimanche c'était l'éperon Renaudie à la Dent du Requin, longue, longue journée...

23h dimanche, la lune se lève sur la mer de Glace. Nous lui tournons le dos mais elle nous éclaire largement. Les nuages sont orangés. Instant féerique. Ah mais qu'est-ce qu'on fait sur la mer de Glace à cette heure là?

Cela a commencé le matin : 4h, le gardien du refuge du Requin nous tire de dessous les couettes. Dur… La salle à manger est bien calme : nous sommes seulement quatre cordées mais toutes pour le même itinéraire. Un record pour la Dent du Requin et la voie Renaudie qui d'après le gardien ne reçoit que 6 cordées en moyenne l'été. A 4h30 nous partons. Il fait encore nuit quand nous atteignons une première plate-forme mais le début de la voie est plus haut au-dessus d'un raide nevé. On laisse crampons et piolet sous un rocher et commençons corde tendue. Le jour se lève. On file tous groupés. Puis nous atteignons le début d'un ressaut qui nous semble plus dur que la description. La 4ème cordée s'y engage tandis que nous tirons plus à droite dans un secteur qui nous semble plus facile et mieux correspondre au topo. Mais deux longueurs plus haut, nous nous rendons compte qu'on s'est fourvoyé. Pourtant il y a ici et là des sangles, pitons et autres cordelettes mais tout ça doit être de la réchappe... On discute, on hésite... quand soudain le portable de Stéf sonne : c’est le gardien qui nous confirme notre erreur.. Cyril tente alors une traversée pour revenir sur la gauche et rejoindre l'itinéraire dans lequel s'est engagée la 4ème cordée. Mais il manque la chute de peu et se retrouve coincé. La suite est difficilement protégeable. Les autres (Stef-Nadège, Eric-Leïla) rebroussent chemin. Le temps passe. Finalement après ¾ h de nettoyage à l'opinel, Cyril dégage la fissure et repart. Au bout de deux longueurs on rejoint ce qu'on pense être la voie. On "pense" car on scrute des yeux à droite à gauche au-dessus sans trouver un malheureux piton qui nous indiquerait un peu le chemin. Cyril s'engage finalement sur la droite et bientôt c'est la jonction avec le reste de la troupe. Plus de doute on est bien dans l'itinéraire : 150 m plus haut, la 4ème cordée sort sur l'arête finale.. Que de temps perdu. Un dièdre de 25m de haut, la difficulté principale, nous donne du fil à retordre : Eric passe en tête, tout le monde suivra en second… Enfin on atteint l'arête sous le sommet qui permet de basculer versant NO plein gaz. Il doit bien être 15h.. et 14 rappels nous attendent. Nouvel appel du gardien qui cette fois-ci nous confirme que nous sommes bien au bon endroit… Du coup on traîne pas : on envoie le premier rappel qui forme un bel angle à 90° : Eric et Cyril galérent un peu pour le récupérer. Ensuite ça enchaîne : avec 3 cordes de rappel à 6 on fait dérouler mais c’est bien long quand même !

Enfin à 20h30 on est sorti d’affaire et un quart d’heure plus tard on pointe au refuge du Requin. Le gardien et la gardienne nous attendent de pied ferme sur la terrasse. Nos affaires sont prêtes. 10’ après on est reparti : il s’agit de ne pas traîner pour trouver les échelles avant la nuit ! A 21h30 on prend enfin pied sur la mer de Glace. On chausse les crampons un peu plus loin. On file à la queue leu-leu sans trop rien dire. La fatigue commence sérieusement à se faire sentir. La lune se lève doucement, c’est quand même bien beau et les lumières du Montenvers se rapprochent. Il ne nous restera plus que… 900 m de descente pour atteindre Cham… précédé de 200 m à remonter aux échelles..


On remarque alors que sur l’autre rive du glacier, à peu près à notre hauteur, des frontales brillent.. Tiens des retardataires comme nous… 1’ après je me retourne. Les frontales maintenant clignotent… On s’arrête : ça continue de clignoter dans notre direction. Ils sont certainement en difficulté. Manquait plus que ça. Eric qui travaille au PGHM passe un appel au centre. On lui apprend que ce sont 3 gars qui revenant de l’Aiguille du Moine, se sont égarés sur le glacier. Ils sont maintenant dans un endroit blindé de crevasses, sans crampons et donc coincés… deux secouristes sont déjà en route mais Eric se propose pour remonter vers les trois gars. Cyril et Stéf vont l’accompagner tandis qu’avec Nad et Leï on file vers le Montenvers… Peu après on croise les deux secouristes au pied des échelles. Leï s’exclame car elle reconnaît l’un deux avec qui elle a fait le stage cobaye au mois de juin… Ils nous annoncent dans la foulée que du coup on a gagné une descente en 4X4 jusqu’à Cham ! On remonte vite fait les échelles et on s’assoit enfin sur la plate-forme à la sortie de celles-ci. A peine une heure après et quelques révisions à gorge déployée de standards des années 80, tout le monde est là. On ne s’attarde pas pour les présentations et nous voilà sur le sentier du chalet des Mottets. Eh oui il y a encore 500 m à descendre à pied … enfin à 1h30 on pose nos fesses dans le 4X4. A 11, avec les sacs et le matos on s’entasse. Ça chahute dans tous les sens et dans les épingles à cheveux, je serre les fesses quand on se retrouve face au vide… on rigole.. jaune…


Ça y est 2h15 on retrouve les voitures. Stéf et Nad filent sur la Clusaz mais pour nous trois, la rentrée sur Grenoble ce sera pour demain matin. Eric nous accueille pour cette courte nuit. On se couche bien fourbus à 3h… pour repartir à 6h ! il manquait une heure pour faire un tour complet du cadran, dommage !

 

DSCF1822-R.jpgA l'attaque au petit jour

DSCF1826-R.jpgdébut de la voie

DSCF1831-R.jpg
DSCF1836-R.jpgbelle ambiance
DSCF1846-R.jpgdans le beau dièdre retors

DSCF1852.JPGDernier pas avant le sommet

DSCF1860.JPG
DSCF1861.JPGPanoramas 4*

DSCF1865-R.jpgphoto finish de famille

Rédigé par CEI

Publié dans #Alpinisme - escalade

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squal 04/09/2007 14:54

Rien qu'à lire le récit je suis fatigué !Mais quelle belle bambée... Un magnifique souvenir pour vous.

zigual 02/09/2007 10:06

C'est magnifique!Joli récit. Effectivement la journée a été longue...

Jo 31/08/2007 22:12

Waouh ! y a que ça de vrai la haute montagne, de beaux et grands souvenirs, plutôt après parfois...