Retour autour de la Meije en cette fin d'été après un premier week-end début juillet dans la face nord de la Meije. Pour cette fois-ci, j'avais
très envie d'un beau bivouac surtout après la nuit calamiteuse du week-end précédent au refuge du Soreiller bondé. Après de nombreux échanges, arguments, contre-arguments, on se décide enfin pour
l'arête NE des trois dents du Pelvoux : bivouac atteignable en 3h, confortable, course d'une difficulté correcte et dans un cadre tiptop... On décolle enfin de Grenoble dans la chaleur, pas trop
de monde sur la route, on avance... et puis une fois dépassée la Grave, on ne peut s'empêcher de regarder dans la direction du glacier du Lautaret et de l'arête du Pousse Caillou. Après un arrêt
scrutateur sur le bord de la route, 1/2 tour, ce sera le Pousse Caillou... on n'a qu'un topo succint celui de son ouvreur JMC, on fera avec.
Après la pause pique-nique au parking du pont des Brebis, on prend le chemin du bivouac. L'accès au bivouac est un truc de malade... faut être sur-motivé ou un peu désemparé pour se lancer dans
une approche pareille.. D'abord on n'a jamais trouvé l'accès pour le raccoorci par la bosse 2027 décrite par JMC, on a donc attaqué de l'entrée du vallon : ça commence par peut-être 300 ou 400 m
de dénivelé sur un vague sentier et ensuite c'est de la caillasse, des éboulis instables, un cheminement épuisant avec un sac bien rempli... L'arête est en point de mire tout le long mais les
heures passent sans que celle-ci semble se rapprocher...
Enfin une fois parvenus au pied de l'éperon rocheux qui sépare les deux glaciers du Lautaret et de l'Homme, il ne reste plus qu'à trouver un emplacement de bivouac : s'ensuit alors une partie de
grimpe sur dalles lisses, vires péteuses puis vires herbeuses, traversées merdiques tandis que la pénombre s'installe petit à petit...Je commençais vraiment à perdre courage quand Cyril dégota
l'emplacement de bivouac. Allez encore 10' d'accrochage dans l'herbe,un petit coup de stress au passage et je le rejoins... Eh bien pour
du bivouac, ce fut du bivouac : une vire d'1m10 de large avec un petit muret tout de même pour éviter la roulade 100m plus bas... Après des travaux de terrassement complémentaires, on a pu enfin
manger et profiter des dernières lueurs du soleil couchant. Puis à peine fermé l'oeil, le spectacle pyrotechnique commença : chutes de séracs incessantes pour le son et étoiles filantes pour
l'image...
Le lendemain, on se bouge doucement... Si bien qu'on est à l'attaque à 9h30 environ et ça commence par une première longueur péteuse, découverte par le retrait du glacier, difficilement
protégeable. Puis ensuite on prend pied véritablement sur l'arête et un rocher hum... pas franchement plus correct. Ou alors on n'a pas trouvé les bonnes sections. On n'a pas vu non plus le
caillou à pousser (en fait ils le sont tous). On a suivi l'arête rarement sur le fil lui-même, mais plutôt sur le flanc gauche..
Si l'ambiance demeure fantastique et sauvage tout le long de l'ascension, il ne faut pas venir ici pour la grimpe et encore moins le rocher - rien à voir avec la directe 76 à la Tête du rouget.
Si bien qu'un peu lassés des rochers branlants - j'ai évité de peu une belle pavasse délogée par la corde - on a abrégé les dernières longueurs en sortant par le couloir terreux.. De là on
débouche sur une arête neigeuse, antécime de la Meije orientale. Il reste une demie-heure pour rejoindre le refuge de l'Aigle.
Au refuge, on croise Nico de retour du doigt de God et après une bonne bière
(eh non rupture de stock..), on entame les 1800m de descente pour retrouver le point de départ..
la "galère" commence :
ambiance chaude et humide
fléche du bas :
l'emplacement du bivouac, fléche du haut, l'arête du Pousse caillou
du bivouac, vue sur le
col du Lautaret
la même vue au petit
matin
le bivouac
le pic Gaspard, géant
des lieux, un accès très problématique
première longueur de
l'arête: de la dalle lisse sableuse
Blablabla