Pierra Menta - Inventaire

Publié le 19 Mars 2007

Les parcours :
Les organisateurs se sont « lâchés » pour cette édition semble t-il, peut-être pour rattraper celle de 2006 très neigeuse mais aussi sans doute pour se démarquer de la tendance générale à raccourcir les parcours. Dès le premier jour, le jeudi, on est mis dans le bain : 2800 m de D+ nous attendent avec quatre passages à pied, de couloirs et d’arêtes. Les autres jours, on sera gâté aussi ! Le vendredi, 2750 m de D+ aussi mais sur un profil différent, tout à ski, sans portage, avec le tour du Grand Mont. Le samedi rebelote avec près 2700 m de D+ et l’étape mythique du Grand Mont et son aérienne arête de 300 m. Le dimanche, enfin, pour terminer 1600 m de D+ «seulement» mais long cependant. De mon côté, je n’ai que deux sorties de 2200 m dans les pattes, aucune en course de plus de 2000 m car la plupart de celles-ci se sont déroulées sur des parcours de repli, et un petit 45 000 de dénivelé depuis le début de la saison. Faudra faire avec… Les deux plus belles journées auront été le 1er et le 3ème jour : des parcours changeants, des vues magnifiques et de belles descentes.

Les équipes :
178 équipes au départ dont 12 équipes de filles et 5 équipes mixtes, ça fait du monde… Pendant les quatre jours de course, on côtoie un peu toujours les mêmes. Comme en général, on ne se connaît pas, on s’appelle par le n° de dossard. On échange quelques mots à l’arrivée et le lendemain sur la ligne de départ, on s’encourage. L’ambiance st toujours bonne enfant mais on se bagarre quand même. Celles de devant, on ne les voit qu’à l’échauffement. Cette année les parcours étaient faits de telle sorte, qu’on voyait souvent, de près ou de loin, les premières équipes attaquer la descente ou la montée suivante (ou plus). Impressionnant.

La bouffe :
Sujet crucial. On a souvent faim. C’est pas tous les jours qu’à 6h du mat on avale un petit déj. bien consistant après avoir mangé comme des ogres la veille au soir. Parfois même dans la nuit on a faim. Et même après s’être largement rassasié au repas du midi, vers 16h on mange une banane et quelques biscuits… enfin tout ça reste dans le registre féculents/viande blanche/légumes/laitages/fruits. Que du sain mais en quantité. De toutes façons on n’a pas envie d’autre chose, l’estomac non plus.

Le matin :
Lever à 5h15, petit déjeuner à 5h30, retour à 6h dans la chambre et à 6h30 on commence à s’échauffer doucement pour prendre le départ à 7h. Rythme immuable également rôdé dès la première matinée. Vaut mieux pas se louper pour avoir l'esprit tranquille.

L’après-midi :
L’après-midi est, avec la bouffe, un autre moment crucial. C’est le temps de la récupération presque autant que celle de la nuit qui n’ests pas toujours très réparatrice car souvent agitée. Elle se déroule selon un rythme dicté par l’heure du massage, de la sieste, de la récupération des skis pour le lendemain, des soins des pieds pour certain(e)s et se clôt par la grande messe du soir, c’est-à-dire le briefing, qui nous annonce à quelle sauce on va être mangé le lendemain. En gros, ça passe très vite..

L'hébergement :
Encore un sujet crucial… Les coureurs sont répartis sur plusieurs lieux et hameaux : Arêches, le Chornais et le Planay. On était logées au Planay, au VTF. Pour cette année c’est royal, on est à côté du départ et de l’arrivée. Pas de voiture à prendre le matin, en 3 minutes on est sur place. Mercredi soir en arrivant, on nous annonce à Carine et à moi qu’on est dans une chambre de 4. Les noms des coureuses qui partagent notre chambre ne me disent rien. Des suisses sans doute. Sauf que les suisses en question sont en fait deux coureurs avec une quantité d’affaires qui dépasse largement les nôtres, des vraies gonzesses quoi ! Carine et les deux gars vont réclamer à l’accueil et coup de bol il y a encore une chambre de libre, plus spacieuse et rien que pour nous deux. Ouf !

Un coin de la piaule

Populaire :
La Pierra Menta malgré la foire d’empoigne pour s’y inscrire, hormis les équipes féminines, tellement rares qu’elles sont toutes acceptées, demeure une course populaire. Ce qui en fait son charme : la dernière équipe met en général le double de temps de la première, 18h45 contre 9h46. Les amateurs côtoient ainsi les « pros ».


Le matériel :
Il est l’objet de toutes les attentions avant et pendant la course. Chaussures customisées. Skis également, bichonnés aussi avant et pendant. Sac et contenu
de celui-ci. Peaux déjà un peu usées pour une meilleure glisse. Tout est optimisé pour être plus léger et plus maniable.

Le public :
C’est l’autre clé du succès. Il n’y a jamais autant de monde que sur cette course. Tous les jours, des gens sont le long du parcours pour un mot d’encouragement et un sourire. L’apothéose c’est l’étape du samedi au Grand Mont mais aussi à l’antécime et au col de la Forclaz quand la météo le veut bien. Cette année elle le voulait bien, la fête battait son plein là-haut, n’en déplaise aux grincheux qui vilipendent justement la foule « beuglante » qui crie, qui hurle, qui rie et qui agite des cloches. Ambiance du tonnerre ! Quand vous passez au Grand Mont, ça vous serre les tripes. Tout coup de « moins bien » est vite envolé au moins le temps du passage au Grand Mont. Il y a aussi tous les copains qui sont là, qui vous encouragent, parfois que vous ne voyez pas, noyés dans la foule.

Les kinés :
A partir de 14h du jeudi au samedi, c’est l’attente pour se faire masser. L’attente malgré la feuille d’inscription presque complète avant même le début. 26 élèves kinés, une demi-heure par coureur, autant dire que ça traîne pas. Mais quel moment de bonheur et de délassement. D’ailleurs samedi, le kiné a du quasiment me réveiller à la fin de la séance.

La forme :
Arriver en forme, c’est-à-dire, entraînée, reposée et motivée. Quatre jours de course d’affilée, c’est bien différent d’une seule journée. Pendant quatre jours on gère la fatigue au mieux. Et une petite cure d’abstinence (de rando. et de course, hein) avant c’est pas mal.

Le beaufort :
On est au pays du Beaufort. On peut en manger à tous les repas. Cette année, l’union des producteurs sponsorisait la course et des coureurs (à la 22ème édition seulement c’est un peu surprenant ??). A la remise des prix, il y avait trois meules à gagner au tirage au sort. Un quart de meule par équipe soit 10 kg par coureur. Le dossard 9 n’est pas sorti, dommage !! Heureusement il y a la coopérative pour se rattraper. Dimanche, en faisant la queue, le patron racontait avec entrain aux touristes que c’était un enfant du pays qui avait, enfin, gagné, qui plus est travaillant à la coopérative ! Le beaufort nouvelle nourriture des champions !

La boisson :
La Saint-Yorre est la boisson peut-être la plus répandue pendant ces quatre
jours. A deux, on a bu deux packs en 3 jours, 6 bouteilles chacune. Du Yogi Tea aussi version Jamaïca (ça se fume pas...) pour moi. Du rouge aussi. De la bière enfin.

La remise des prix :
C'est la première édition gagnée par des enfants du pays. Vous imaginez l'ambiance. Vers 13h dimanche, quand on pénètre dans la salle des fêtes de Beaufort, la queue pour récupérer son plateau est balèze. Mais au passage on vous refourgue du jambon de vache italien, un verre de rouge, un bout de beaufort.. de quoi patienter. Le plus heureux des hasards nous a fait nous asseoir à côté d'un groupe d'italiens fort symapathique mais bruyant. Surtout la cloche que le mossieur agitera à intervalle très régulier. C'est l'euphorie quand l'équipe féminine italienne monte sur le podium. Et quand les vainqueurs montent à leur tour, c'est la liesse générale. Il y a aussi pas mal d'émotion.


A suivre..

Rédigé par CEI

Publié dans #Ski-alpinisme

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Commenter cet article

Annick 23/03/2007 21:19

Bravo les filles pour cette performance, c'en est toujours une de La faire et de La finir !!

David 19/03/2007 21:59

Bravo pour la course et bravo pour l'article, j'ai fait la pm 2 fois (catégorie populaire), je retrouve tout dans ton texte ! J'ai pris des photos samedi que j'ai envoyées à Carine, il faut lui réclamer !

Loïc 19/03/2007 21:32

Bravo et félicitations à vous deux. Et dire que j'ai fait le sparring partner à Bédina :lol:
Bonne récup avec le beaufort et une bonne mousse ;-)

lo 19/03/2007 20:40

Comment ça une réclamation alors que deux beaux ténébreux suisses pouvaient partager votre chambrée??

eric 19/03/2007 20:29

bravo , je reste en admiration devant tous ceux qui font cette course.