Escalade dans les Calanques - 9 au 12 novembre 2013

Publié le 11 Novembre 2013

Le week-end autour du 11 novembre signifie souvent un exode dans le sud avant les premiers vrais froids de la saison. Par le truchement du net, Loïsyann nous a trouvé une maison que ses habitants nous louent pour ces 4 jours tout au sud de Marseille à quelques minutes en voitrue (mais pas très loin à pied non plus) des calanques de Sormiou et de Morgiou. Le chat de la maison est resté également.

J1 : Morgiou, Crêt Saint-Michel
Samedi 9 les sacs à peine posés
nous sommes repartis pour Morgiou dans l'idée de grimper au Crêt St Michel. En quelques minutes on rejoint le parking à l'entrée de Morgiou, pique-nique rapide sur le GR au-dessus du port. Après un petit quart d'heure de marche, on découvre le secteur principal du Crêt St Michel. Seulement celui-ci est bien occupé par des cordées bruyantes et il est déjà 15h. On préfère se rabattre sur le secteur de droite, la Polka, à l'écart. On ne regrettera pas notre choix. On y est tranquille et une voie de 2 longueurs me suffira bien pour cette reprise sur le rocher... A  16h30 on est de retour au pied de la voie qui passe rapidement à l'ombre. La température tombe vite.

P1100569 - Copie (1024x768)P1100572 - Copie (1024x768)calanques 3590 (768x1024)

J2 : Aiguille de l'Eissadon
Dimanche 10, changement de temps,
ciel gris et mistral tenace. Une amélioration est prévue pour l'après-midi. On attend... ou pas ! On attend pas et on se gare au col de la Gardiole. L'objectif du jour est l'éperon ouest de l'aiguille de l'Eissadon. Depuis le col de la Gardiole, l'approche se fait par les sentiers de randonnée bien balisés. 1h plus tard on atteint le col de l'Eissadon. Le temps n'a pas vraiment tourné au beau mais Loïsyann très motivé propose tout de même de descendre dans la combe jusqu'au pied de la voie. En 1/2 heure on atteint la mer déchaînée. Des grimpeurs sont engagés dans la début de la traversée du GEP malgré la houle et les vagues qui se fracassent bien haut sur les falaises. On atteint la petite brèche qui marque le départ de la voie en même temps qu'une petite bruine. On en profite pour piquer-niquer et peu de temps après le ciel semble se déchirer. Go !

La première longue est bien engageante sur un très bon calcaire blanc. Ensuite ça se corse un peu mais c'est surtout l'ambiance qui est sacrément austère : le bruit du fracas de la mer qui rappelle les craquements des séracs, le gaz bien présent et le ciel encore gris et bas. Heureusement celui-ci est avec nous et peu à peu le temps vire au beau. On tombe les couches de vêtements et il n'y a plus que du plaisir sur cette jolie voie, bien aérienne et bien située.

calanques 3604calanques 3621P1100603calanques 3628l'arête de profil depuis le col de l'Eissadon

J3 : Arête du Devenson
Lundi 11, beau mais mistral bien présent

En ce jour de commémoration, sur le sentier qui mène au col du Devenson, je ne peux m’empêcher de penser à la grande boucherie qui s’est achevée il y a 100 ans. Tant de jeunes vies gâchées, brisées, achevées inutilement alors qu’il y a tellement mieux à faire comme se trouver dans cet endroit superbe par un jour de beau temps.

Aujourd’hui ce sera donc une voie TA comme la veille mais un ton au-dessus. Le col du Devenson s’atteint facilement par une piste puis un sentier bien balisé en une bonne heure. Du col, sous nos pieds, la combe file droit vers la mer. Une sente raide la descend. Après quelques minutes, on arrive à un passage en traversée sécurisé par une chaîne neuve. Puis on poursuit la descente en obliquant vers la gauche dans une seconde combe. La sente la quitte en se faufilant dans une petite faille et continue à flanc juste quelques mètres au-dessus de la mer. L’ambiance est grandiose. Au-dessus de nos têtes les falaises blanches et roses parsemées de pins, sous nos pieds la côté déchiquetée et la mer. Une partie de traversée est sécurisée par des points dont nous profitons. On arrive enfin au pied de l’arête du Devenson qui marque le début du cirque du même nom. Depuis le col du Devenson il nous aura fallu presqu’une 1h30 pour y arriver. Mais loin d’être du temps perdu, avec cette approche lente et un peu longue, on s’imprègne en douceur de l’ambiance magique des lieux. Sans elle l’arête du Devenson n’aurait, à coup sûr, pas le même charme.

La voie remonte l’arête plutôt sur son flanc ouest ce qui nous permettra d’être abrité du mistral qui souffle encore fort. C’est le couple Livanos, Georges et Sonia, qui la parcourut en premier en 1949. Une des 500 voies que le Grec  a, d’après le topo, ouvert dans les Calanques. On imagine sa connaissance encyclopédique des Calanques. Le topo s’ouvre d’ailleurs sur un hommage à ce grimpeur boulimique. La voie du Grec se déroule en 6 longueurs. La qualité du rocher est très variable, on s’attendait à quelque chose de plus homogène. La première longueur est de plus peu protégeable. En revanche la dernière longueur en cheminée se déroule sur un très bon rocher. Globalement l’escalade est toujours assez raide et l’ambiance toujours belle avec une vue panoramique sur le cirque du Devenson et l’ilôt du Chameau. Après 4h30 de grimpe, vers  17h on sort de la voie sur le plateau où on est accueilli par le vent qui ne semble pas avoir faibli. On décide de suivre le sentier qui longe le bord de la falaise puis rejoint le col de l’Eissadon ce qui nous vaut une belle vue sur l’arête du Devenson. Le jour décline rapidement et la lune à moitié pleine nous éclairera pour le retour jusqu’au col de la Gardiole. Ambiance sublime.

P1100620dans l'approche, cherchez le Prost

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J4 : Sormiou – Bec de Sormiou  Voie du Couchant
Mardi 12, vent moins soutenu mais température froide

Pour ce dernier jour dans les Calanques, on optera au plus simple en allant à Sormiou. Approche rapide en voiture puis à pied. Notre choix s’est porté sur la voie du Couchant située en versant est (nord-est en fait) du bec de Sormiou donc à l’ombre mais à l’abri du vent. C’est une voie de 1965 rééquipée ce qui en fait une belle voie moderne de 5 longueurs dans le niveau 5 avec quelques passages en fissure assez athlétiques et une superbe longueur en dalle. La vue sur la calanque de Sormiou et ses eaux turquoise qui nous font de l’œil est toujours aussi belle. On se régale dans cette belle voie soutenue et à peine patinée. Ça déroule bien et en 2h on sort au soleil et toujours dans le vent. Une demi-heure plus tard on est de retour sur la plage et la vague idée de se baigner est définitivement oubliée. On reviendra, j’espère, pour faire trempette !

P1100658allerP1100661

calanques 3667P1100667retour

Rédigé par CEI

Publié dans #Alpinisme - escalade

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