Pic des Spijeoles, grand Dièdre - 18 juillet 2013

Publié le 29 Juillet 2013

Un séjour à Leucate dans l’Aude ne peut s’envisager désormais sans une incursion dans les Pyrénées voisines. Après le Canigou et le massif de l’Ossau par deux fois, Loïsyann nous a concocté un programme dans le Luchonnais en Haute-Garonne. L’accès est rapide, de l’autoroute tout le long jusqu’à St Gaudens, 100 km au sud de Toulouse, puis encore une cinquantaine de km jusqu’à Bagnères de Luchon.  Et pour finir on rejoint rapidement les granges d’Astau, au bout de la vallée de l’Oô, point de départ vers le refuge d’Espingo 800m plus haut. Tout cela sent bon le thermalisme et l’eau en quantité. Pour l’eau on va être servi, pas tant celle qui tombe du ciel – de ce côté-là on aura été épargné – mais l’eau qui coule en abondance des torrents, l’eau qui déborde des barrages, l’eau qui a laissé les traces de crues d’il y a un mois seulement dans tout la vallée de l’Oô justement et la neige bien présente.

Au départ des granges d’Astau, le sentier  traverse d’abord les alpages puis pénètre en forêt. Ce mercredi gris il n’y a pas foule et on reçoit même quelques gouttes prévues par météo France. Le sentier monotone et large remonte en lacet la forêt. Au bout de 400m de dénivelé on atteint le lac d’Oô, vaste étendue occupant toute la cuvette et fermé par un petit barrage. Ses rives très vertes sont bordées d’arbres et d’arbustes les pieds dans le lac. L’ensemble fait penser à celui du Lauvitel, montée comprise mais ce jour-là la fréquentation en moins. La quantité d’eau déversé par la montagne est impressionnante : le lac déborde, les cascades crachent violemment, le sentier est humide. La réputation verte des Pyrénées n’est pas usurpée. On espère juste qu’on passera durant ces 3 jours à travers les gouttes.

Tiens d’ailleurs à peine passés au niveau du barrage, une averse nous cueille. Coup de bol on trouve un abri le temps que cela se calme. Le sentier longe ensuite le lac puis s’élève en lacets serrés. On passe deux ruisseaux puis la montée se poursuit en balcon et s’engage pour finir dans un petit  vallon. On débouche rapidement au col d’Espingo dans la verdure. Le refuge est en contrebas sur la droite.

Le soir nous sommes 13 à table. La daube est bonne et la crème brûlée savoureuse. De bons présages pour la suite. A 4h45 le réveil sonne. A peine une heure plus tard, on est en route. On emprunte le chemin qui mène au refuge du Portillon que l’on rejoindra le soir. Dans la pénombre on manque de marcher plusieurs fois sur des salamandres nonchalantes. On quitte le sentier pavé au niveau du Coum de l’Abesque pour suivre une sente bien cairnée en direction de l’attaque du pic des Spijeoles. Le premier névé se rencontre à 2400m d’altitude environ puis à nouveau on traverse un pierrier pour finir par un dernier névé pas si raide que le laissait entendre le gardien la veille. Le temps est au grand beau et on attaque l’escalade après avoir franchi la rimaye déjà bien prononcée – ce que ne laissait pas, en revanche, entendre le gardien la veille. S’ensuit une zone de schiste rouge pas trop merdique puis la première longueur en granite gris. Les premières longueurs sont peu différenciées puis vient le dièdre proprement dit. Si l’itinéraire original poursuit par le grand dièdre on peut également s’en écarter et finir l’ascension par trois dernières longueurs un peu plus difficiles qui remontent une belle dalle redressée bien visible du bas. L’escalade est agréable, pas trop difficile et aérienne dans la dalle. On sort à une brèche à proximité du sommet.  Loïsyann fait rapidement l’aller-retour tandis que je mange un crouton de pain. Le ciel s’est couvert et quelques gouttes nous poussent à ne pas nous attarder. On doit en effet trouver un passage que nous a recommandé le gardien, appelé le sentier des Mineurs, qui permet un accès rapide au refuge du Portillon. Les sacs sont un peu lourds, il n’y a pas de temps à perdre. La voie normale, largement enneigée dans le haut, se descend assez facilement mais il faut se méfier des rognures visibles parfois au dernier moment. On poursuit jusqu’au-dessus du lac Glacé encore largement englacé et à partir de là on commence à chercher le fameux passage des Mineurs. Cela nous fera perdre un bon moment car nous cherchons trop haut dans les contreforts du Tusse de Montarque. Le rocher est visiblement pourri mais on croit chacun à notre tour discerner des cairns. Au  bout d’un moment, sans résultat, on continue la descente vers l’itinéraire de montée du matin sous quelques coups de tonnerre. Une option pas très aisée car avant de rejoindre le sentier qui mène vers le refuge du Portillon, il nous faudrait descendre dans une succession de barres et de névés raides. Au bout d’une centaine de mètres de descente, une terrasse herbeuse en pente et néanmoins avenante attire notre regard toujours dans les contreforts du Tusse de Montarque. Loïsyann, devant, n’hésite pas longtemps à la rejoindre. Et bingo un cairn bien réel cette fois-ci confirme qu’on est sur le bon passage. La sente est bonne même s’il faut absolument éviter de s’en coller une et rapidement on passe sur l’autre versant. Le brouillard nous enveloppe quand on débouche sur un replat. On marque une pause dans l’herbe. La vue se dégage peu à peu, le refuge du Portillon est 300m devant nous implanté à quelques mètres du lac encore largement en glace.

 Le soir à table, il n’y a pas foule. Nous deux uniquement. Pour un refuge de 80 places. C’est peu même avec une météo peu engageante et en pleine semaine. Ainsi on aura droit à une double ration de … daube. Après le repas le gardien nous annonce le beau temps pour le lendemain finalement. On verra cependant que le beau temps pyrénéen est une notion toute relative. 

La sortie sur C2C : http://www.camptocamp.org/outings/447349/fr/pic-des-spijeoles-grand-diedre

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vue vers le cirque d'Espingo depuis le replat du même nom

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de plus près et le matin

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le grand Dièdre - on ne peut pas se tromper

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au-dessus Loïsyann remonte la dalle à droite du grand Dièdre

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la même chose vue de haut

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le lac Glacé ou du port d'Oô

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la jolie muraille du pic des Spijeoles. Plusieurs itinéraires y sont tracés dans la face proprement dite. L'arête sud-est (à gauche) est également parcouru.


Topo : http://topospyreneens.unblog.fr/adishatz-aux-spijeoles/

Rédigé par CEI

Publié dans #Alpinisme - escalade

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