Patrouille des Glaciers - 29 et 30 avril 2006
Publié le 10 Mai 2006
ça y est, on a bouclé cette fameuse Patrouille des Glaciers pas tout à fait dans le temps prévu mais bon c'est ainsi. La PDG c'est une course à part : non seulement pour la longueur et le dénivelé mais aussi pour l'ambiance qui y règne : tout d'abord la veille du départ à Zermatt. C'est un bouillonnement de skieurs, de militaires et de fanfares. Tout le village semble tourner vers cet évènement unique. A 17h c'est le fameux briefing dans l'église de Zermatt qui ne peut contenir touts les coureurs : à la fois protocolaire et émouvant. En 2 min et dans un silence impeccable on parcourt en 3D l'itinéraire en se demandant comment on va faire pour arriver au bout! Le briefing se termine par la bénédiction des 3 curés des 3 communes concernées - 2 d'entre eux courraient d'ailleurs - cest toujours ça de pris. Une fois le briefing terminé, on retrouve dehors des cousins venus d'un peu partout puis c'est le retour à l'hôtel pour un peu de repos perturbé par la musique d'une fanfare placée juste au départ sur lequel notre balcon donnait. Vers 20h dîner dans un des restaurants de Zermatt où on recoit les encouragements chaleureux du serveur. Discussions avec une équipe de belges avec 5000m de dénivelé dans les jambes seulement! Retour à l'hôtel pour se préparer. A 22h on assiste au premier départ, les équipes sont nombreuses. Il ne nous reste plus qu'une heure avant notre tour. A 22h30 on est en bas, contrôle du matériel, remise de la précieuse carte de contrôle et on se retrouve sur la ligne de départ. C'est un peu étrange d'entamer une course le soir sachant qu'on va y passer toute la nuit puis une bonne partie de la journée du lendemain... A 23h c'est parti sous les encouragements jusqu'à la sortie du village, on part à pied, la neige se trouve à plus d'une heure. Il se met à bruiner puis neiger doucement. On atteint Stafel en 1h22 et on peut chausser les skis. A Schoenbiel on est obligé de s'encorder il neige toujours... C'est la longue montée vers Tête Blanche et la longue ribambelle de frontales au-dessus et en dessous. Moment magique dans la montée : l'illumination éphémère du Cervin.. ces suisses ils ne font pas les choses à moitié... 200m sous le poste de contrôle on décide de s'habiller, les -20°C prévus commencent à se faire sentir... Au poste de contrôle de Tête Blanche les militaires nous apportent bouillons salés et thé à volonté. Et c'est le descente toujours encordées, on y va doucement histoire d'assurer. Au loin le poste du col de Bertol a des allures de bases martiennes : un gros ballon éclairant diffuse une lumière verte sur une large surface. Il est 4h du matin. On peut ranger la corde dans le sac et c'est la descente sur Arolla dans un brouillard à couper au couteau. Alice devant, cherche les fanions et les balises flash, on se repère aux traces de ski car il n'y a aucune équipe en vue. Les frontales ne sont pas franchement efficaces dans ce cas. Et puis dans le bas de la descente on se retrouve avec plein d'équipes aux fesses!! Un coup de skating et c'est l'arrivée à Arolla à 5H14. On retrouve Daniel et Eliott avec notre ravito. On traîne un moment à manger et boire. Et puis il faut repartir : droit sur la piste qui heureusement n'est pas gelée. On se mélange avec les coureurs de la petite Patrouille. La reprise est un peu rude mais en même temps avec le jour qui se lève on a l'impression qu'on vient juste de démarrer alors qu'on a déjà 6h de courses dans les pattes!
Le passage du col de Riedmatten se fait dans des conditions rocambolesques: le couloir après les passages précédents n'est plus qu'un toboggan glacé et caillouteux, les coureurs s'accrochent par grappe dans un joyeux bordel à deux malheureuses cordes fixes. Je me tiens à un coureur qui lui même se tient un autre coureur qu tient la corde lisse et mouillée. Autant dire que ça résiste pas longtemps; je dérape. Je ne suis pas la seule : les chaussures ont tellement peu d'adhérence qu'on tombe les uns sur les autres. Plus de peur que de mal mais c'est un sacré merdier. Les premiers 100 m sont difficiles à négocier puis plus bas là où tout la neige du couloir s'est accumulée on peut se lâcher dans la descente.
Après cet épisode c'est la longue longue portion le long du lac des Dix... Les ampoules se font sentir.. Arrivent enfin le ravito; de la Barma; On y passe encore un bon moment avant d'entamer la montée hyper chaude vers Rosablanche. On est tellement nombreux qu'il y a trois couloirs parallèles de tracé à pied. Méthodiquement on remonte tout ça doublant plein d'équipes parties d'Arolla, ça redonne toujours des forces. En haut la foule commence à être dense. J'y retrouve Jérôme parti 2 heures après nous... On nous annonce que c'est bientôt fini mais la dernière remontée vers le col de la Chaux grille tous nos esporirs de teminer en 12h30... la fin est longue à venir. Enfin c'est la dernière descente sur les pistes de Verbier où on peut descendre jusqu'en bas à skis. Un dernier effort pour traverser Verbier jusqu'à l'arrivée. Il nous aura fallu 13h11 quand même!
Article de la FFCAM : http://www.ffcam.fr/fr/activites/index.php?le_num_info=423&le_num_rub=10&le_num_sous_rub=1


Montée sous le cagnard vers Rosablanche

A l'arrivée avec Marius Robyr!