Pointe d'Amont - aiguille centrale du Soreiller - 18 août 2013
Publié le 19 Août 2013
Le 3ème essai à la pointe d’Amont fut donc le bon. Petit retour en arrière sur les deux premières tentatives :
- 1er essai, le 24 juillet 2011 : avec Loïsyann, on monte au refuge de la Selle rien que pour faire la pointe d'Amont (en soit c’est déjà un peu une erreur). Mais le dimanche matin, il neigeotte. Une malice de la météo. Le brouillard ne se déchire que pour nous laisser entrevoir la pointe d'Amont toute plâtrée. Descente.
- 2nd essai, le 14 août 2011 : pas de neige cette fois-ci mais un peu de pluie et d'orage. Malgré tout, penauds, nous faisons la moitié de l'approche. Heureusement la veille, précautionneux, nous avons pris soin de parcourir le pilier des dents rouges à la pointe Dosia. Au moins on ne sera pas venu pour "rien". De plus on est venu via le télé de la Grave, ça nous vaudra un peu de stop pour revenir de St Christophe en Oisans.
Samedi 17 août 2013 nous montons tranquillement au refuge de la Selle. Dans la montée le ciel se couvre doucement et je ne peux pas m’empêcher d’imaginer que la météo pourrait de nouveau nous jouer des tours.
Au refuge le gardien nous annonce que nous serons trois cordées le lendemain dans la pointe d’Amont. Trois ? Et la veille il y avait déjà 2 cordées. Eh bien Jean-René Minelli peut revoir sa copie : « Tombé dans l’oubli, cet itinéraire fut une grande classique. Il est aujourd’hui à réhabiliter » écrit-il dans ses « Ascensions choisies ». C’est fait ou tout du moins c’est en cours d’être fait.
Au cours du repas du soir, on fait connaissance avec l’une des deux cordées : deux jeunes de moins de 20 ans qui la veille ont parcouru le pilier Chèze à la Tête sud du Replat et ce samedi le pilier Candau au Rateau. Ils sont peut-être l’exception qui confirme la règle selon laquelle les « jeunes » ne sont plus attirés par la montagne. Cependant leur enthousiasme et leur expérience déjà importante laissent entrevoir un joli avenir pour les vieilles classiques de l’Oisans.
Le lendemain, le réveil sonne à 5h. On parcourt l’approche en 1h30 sans difficulté. Cependant le glacier est assez ouvert, ce qui nécessite de s’encorder et de chausser les crampons. La cordée des jeunes partis 5 min avant nous du refuge attaque déjà les premiers mètres alors qu’on a juste parcouru la moitié du glacier. Quant à notre tour on commence à grimper la 3ème cordée partie une demi-heure plus tard prend déjà pied sur le glacier. Ça nous (me) met un peu la pression : l’objectif étant d’essayer de ne pas se faire trop distancer par les premiers et surtout pas rattraper par les derniers ! Les premiers mètres pour rejoindre le fil de l’arête sont un peu délités puis ensuite c’est un beau granit gris qui s’annonce. Le premier ressaut se parcours facilement, le niveau restant dans le 3 avec quelques courts passages de 4.
dans le début du premier ressaut
C’est dans le second ressaut, très raide, qu’on trouve les deux longueurs plus difficiles de la voie. Du 5 assez athlétique dans lequel je jure un peu. La première cordée qu’on avait de nouveau en point de mire en a profité pour filer. La suite est de nouveau facile, une petite désescalade en versant ombragé puis on reprend le fil de l’arête jusqu’à rejoindre une vire bien visible qui amène tranquillement à la « sortie ». Un coup d’œil en arrière mais on ne voit toujours pas la 3ème cordée. Faut dire qu’à 3 la progression est nettement moins rapide.
De cette brèche on parcourt ensuite une arête très aérienne, ça plonge en ligne droite sur le glacier ouest du Diable, jusqu’au sommet de l’Aiguille centrale du Soreiller qui marque la fin de l’ascension. On est seuls sur ce sommet exigu et on en profite pour faire la pause casse-croûte, bienvenue pour moi, avec en prime vue sur la Dibona. Ne reste plus que la descente jusqu’au refuge du Soreiller dans un premier temps. On utilise le rappel sur chaîne puis ensuite désescalade et glissade sur névé. La descente est rythmée par les cris des cordées de la voie normale de la Dibona. On ne comprend pas les paroles mais on sent bien de la tension et de l’énervement. Faut dire que ça s’y bouscule !
Au refuge du Soreiller, on croise la Martine, fidèle au poste, mais de pas de Saranou… c’est un peu l’effervescence car une équipe télé a tourné un sujet sur le refuge et un autre sur l’ascension de la Dib’. On engloutit une canette puis les derniers gâteaux secs et c’est la descente finale qui me laissera quelques souvenirs dans les lombaires durant 2 jours.